À peine installé, le ministre des Sports Mamadou Cellou Baldé remet sur la table un dossier brûlant, celui des infrastructures sportives défaillantes. Devant les fédérations et acteurs du mouvement sportif, il promet un diagnostic sur l’utilisation des milliards de francs guinéens mobilisés au nom de projets de construction ou de reconstruction de stades.
Un discours frontal, presque accusateur, qui vise sans le nommer son prédécesseur Kéamou Bogola Haba. Mais surtout, un discours qui rappelle étrangement ceux de tous les ministres avant lui.
Les milliards ont-ils vraiment servi au sport ? Se pose-t-il.
Le nouveau patron du sport guinéen reconnaît qu’il y a eu des investissements. Mais il pose la question que tout le monde se pose depuis des années.
« Les moyens mobilisés ont servi à quoi ? ». Dans sa ligne de mire, des infrastructures devenues emblématiques des promesses inachevées, le stade de Nongo, le stade du 28 Septembre, et les programmes de stades préfectoraux annoncés à grand renfort de communication.
Et plus, le mot est lâché, diagnosti. Un terme qui sonne comme une annonce d’audit.
Un refrain bien connu : chaque ministre accuse l’ancien
Ce discours n’est pourtant pas nouveau. Depuis plus d’une décennie, chaque ministre des Sports, dès sa prise de fonction, commence par dresser le même constat sévère. Manque d’infrastructures dignes de ce nom, stades non homologables, projets annoncés mais jamais achevés. À chaque changement de ministre, le même scénario se répète.
Le sport guinéen semble ainsi prisonnier d’un cycle de dénonciations sans sanctions, où la parole politique se renouvelle plus vite que le gazon des stades.
» Nous n’avons pas peur d’entendre les vérités”
Conscient de cette lassitude, Mamadou Cellou Baldé tente de se démarquer par le ton.
« Nous n’avons pas peur d’entendre les vérités, parce qu’elles doivent être dites et entendues pour qu’il y ait un remède aux maux dont souffre le sport guinéen. »
Une ouverture saluée par certains acteurs sportifs notamment le Président de la Feguifoot, mais accueillie avec prudence par d’autres, échaudés par des années de promesses non tenues.
La vraie question reste entière, ce diagnostic ira-t-il jusqu’au bout ?
Dans un pays où les performances sportives sont directement liées à la qualité des infrastructures, le sport guinéen n’a plus besoin de discours inauguraux, mais de résultats mesurables.













