Depuis 2021, la Fédération Guinéenne de Football (FGF) traverse une crise institutionnelle marquée par des dysfonctionnements majeurs et des blocages répétés dans le processus d’élection d’un nouveau bureau exécutif. Face à cette situation à l’époque, la FIFA avait pris ses responsabilités en installant un Comité de normalisation (CONOR), dirigé à l’époque par Aïssatou Diallo Sy et appuyé par Sega Diallo.
Sa mission, gérer les affaires courantes, réviser les statuts et le code électoral de la fédération, et conduire un processus électoral devant aboutir à un bureau exécutif légitime.
En janvier 2024, à l’issue de ce processus, Aboubacar Dinah Sampil dit Bouba Sampil, est élu président. Mais son mandat sera de courte durée.
Un an plus tard, l’ancien dirigeant du club AS Kaloum est destitué par les instances du football guinéen, accusé d’opacité dans la gestion administrative et financière de la fédération.
L’intérim revient alors à Sory Doumbouya, jusque-là premier vice-président et membre le plus âgé du comité exécutif, conformément aux textes fédéraux.
Il est chargé d’assurer la présidence jusqu’au terme du mandat, prévu en 2028. Mais le changement d’homme ne suffit pas à clore la crise : les pratiques dénoncées, elles, perdurent.
L’« Audiogate » et les soupçons de favoritisme
Début 2026, la presse guinéenne révèle un enregistrement audio compromettant, attribué à Sory Doumbouya. Selon cet enregistrement, il se serait entretenu avec un joueur du RCC Kamsar et aurait exprimé son intention de renforcer le Milo FC afin de favoriser son sacre en championnat national des faits qui, à ce stade, relèvent de l’allégation et non de la preuve établie.
Cette affaire suscite une vive réaction de plusieurs clubs, à commencer par le Kaloum FC, qui exige officiellement la suspension immédiate du président par intérim pour atteinte à l’équité sportive. C’est dans ce climat de tensions qu’un congrès électif est convoqué pour le 27 octobre, en vue d’élire un nouveau président.
Depuis l’annonce de ce scrutin, presse et réseaux sociaux relaient des tribunes favorables à la candidature de certains dirigeants du football guinéen les mêmes qui, par le passé, ont été critiqués par les membres statutaires de l’instance pour leur indulgence face à des dérives et leur laxisme dans la gestion de la fédération. Si ces candidatures venaient à aboutir, ce serait reconstruire du neuf avec de l’ancien, ou encore soigner une plaie sans l’avoir nettoyée au préalable.
Aux délégués et membres statutaires de la fédération revient donc la responsabilité d’examiner chaque candidature à l’aune des textes qui encadrent l’éligibilité à ce poste, pour éviter tout recyclage.
Ibrahima Moudias













