Face à l’insurrection conjointe de l’UEFA et de la Confédération asiatique, le président de la FIFA capitule et enterre son projet ultra-libéral d’ouverture du capital de l’instance aux fonds privés.
L’ambitieux hold-up de Gianni Infantino sur l’économie du football mondial a officiellement pris fin. Sous une pression inédite et face à une colère noire des instances continentales, le président de la FIFA a annoncé le retrait définitif de son projet de privatisation partielle. Le patron du football mondial prévoyait la création de la Fifa Forward Entreprise (FFE), une structure commerciale destinée à céder des parts de l’instance à des investisseurs privés pour lever un trésor de guerre de 4,2 milliards de dollars.
« Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est devenu clair que le projet a créé des divisions (…) qui ne sont plus dans l’intérêt de l’objectif initial », a confessé Infantino. Un aveu de faiblesse rare pour un dirigeant habitué à passer en force.
La menace du boycott et la trahison des experts…
Ce naufrage politique s’est joué en deux actes critiques. C’est d’abord l’UEFA qui a dégainé l’arme atomique en menaçant purement et simplement de boycotter les prochaines éditions de la Coupe du monde. Un coup de bluff mortel pour la FIFA, dont le modèle économique dépend quasi exclusivement de sa compétition reine.
Le coup de grâce est survenu avec l’opposition frontale de la Confédération asiatique (AFC), rapidement suivie par la démission fracassante de Carlos Cordeiro, conseiller principal d’Infantino. Cet ancien banquier d’affaires a publiquement achevé le projet en déclarant que « vendre une participation permanente dans l’actif le plus précieux du football pour lever 4,2 milliards de dollars n’avait guère de sens ».
En voulant marchandiser l’institution au profit de financiers de l’ombre, Gianni Infantino a unifié ses opposants historiques et s’est heurté au mur de la réalité politique du sport de haut niveau. Pour l’instant, le football reste la propriété des fédérations.
Par Ibrahima Sory Moudias













